Thouars : le jeune kayakiste a de l’ambition ( article Nouvelle République du 07 12 2020)

Noé Martin figure parmi les meilleurs spécialistes de sa catégorie d’âge. Et il espère bien rester dans le haut du panier, avec les JO dans le viseur…
© (Photo Stéphane Martin)


Le jeune kayakiste licencié à Thouars surmonte un quotidien hors norme pour conjuguer sport de haut niveau et des études qui promettent d’être longues.


Dès son plus jeune âge, Noé Martin a eu la fibre du kayak. Il faut dire qu’il a grandi dans un milieu qui y baignait. Son père, Stéphane, officie comme entraîneur. Son grand frère lui apprenait les gestes dans le garage. « J’ai appris à nager le plus tôt possible pour pouvoir monter dans un kayak », se souvient le jeune homme, qui fêtera ses 14 ans à l’avant-veille de Noël.
Ses premières compétitions, à six ans, lui réussissent. « Il montait toujours sur le podium, et souvent sur la première marche », se remémore son entraîneur de père. Et la tendance n’a pas encore vraiment changé, même en grandissant, puisque Noé a décroché en 2019 un titre de champion de France en vitesse, sur 500 m, en kayak monoplace (K1).

Rêve de Jeux olympiques

Cette année, il a terminé à la deuxième place sur 200 m, après une erreur rédhibitoire au départ, « sous la pression », estime le paternel. C’est donc logiquement qu’il intègre la liste des sportifs de haut niveau, publiée début novembre par le ministère des Sports, dans la catégorie espoirs.
Néanmoins, cette course à la victoire pourrait devenir de plus en plus complexe, au fur et à mesure que la concurrence se fait plus forte. Alors, pour se préparer au mieux, le jeune homme a quitté Thouars, entouré de sa famille, pour s’installer à Brest, où il a intégré une section sportive. « En parallèle, je suis en Pôle espoirs à côté de Rennes, où je vais une semaine par mois », explique l’élève de 3e. Ses journées sont particulièrement rythmées et chargées. « Je me lève entre 5 h et 6 h le matin, et je commence par une séance de musculation. Puis je vais au collège jusque vers 16 h 30. Je rentre et me prépare pour une séance sur l’eau de 17 h 30 à 20 h. Je suis chez moi à 21 h, et selon ma motivation, je fais de la course à pied ou des étirements jusqu’à 22 h 30 », décrit-il. Une cadence infernale.
« Parfois c’est difficile, oui. Mais je sais où je veux arriver, j’ai mes objectifs en tête », assure-t-il : les Jeux olympiques, en 2028 ou 2032. « J’en rêve depuis tout petit. » Mais les à-côtés ne sont absolument pas négligés. « Sa vie repose sur trois piliers, sur lesquels sa mère et moi ne voulons pas transiger. Certes, le sport l’aide à trouver son équilibre, mais on ne néglige ni le parcours scolaire, ni le quotidien avec la famille », assure Stéphane Martin. Et son avenir, il y pense déjà. « Il n’y a pas de kayakiste professionnel, alors il aimerait être professeur d’EPS », confie le père. De longues études qu’il faudra combiner et aménager en fonction de l’emploi du temps sportif.

Un défi à la hauteur de son endurance.

Janlou CHAPUT-MORIN

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